Grâce à la simplification de la réglementation sur le curage de retenues collinaires, Eddy Lonjou, arboriculteur installé à Montalzat, en Tarn-et-Garonne, a pu lancer la remise en état d'un lac afin de stocker l'eau...
l'essentiel Grâce à la simplification de la réglementation sur le curage de retenues collinaires, Eddy Lonjou, arboriculteur installé à Montalzat, en Tarn-et-Garonne, a pu lancer la remise en état d'un lac afin de stocker l'eau l'hiver et lui permettre d'irriguer ses cultures l'été. Deux jours après le début du chantier, l'exploitant agricole a reçu une délégation préfectorale pour illustrer les avancées concrètes qu'un tel chantier aura sur ses cultures. Reportage.
Dans les collines de Montalzat, une petite commune du Tarn-et-Garonne, entre les vergers qui sont encore baignés d'un franc soleil en ce milieu du mois d'octobre 2026, trois grosses machines sont à l'œuvre dans un champ. Une tractopelle creuse la terre avant de remplir un camion-benne qui va, ensuite, vider le trop-plein de vase à une cinquantaine de mètres plus en amont de la colline. L'amas doit constituer un merlon censé arrêter l'écoulement de la vase.
Ici, sur les terres d'Eddy Lonjou, un des plus gros arboriculteurs du secteur, une retenue collinaire est en train d'être curée. "On a commencé à déblayer pour faire sécher la terre et l'aérer. On a aussi prévu, au niveau des peupliers, un bassin de décantation que l'on curera tous les ans. C'est un projet que l'on évalue entre 30 et 50 000 euros, sans aucune aide."
Un lac construit dans les années 1970Ce chantier, sur un lac construit dans les années 70 et curé une première fois dans les années 90, est rendu possible grâce à la simplification des procédures. Celle-ci est consécutive à la mobilisation des syndicats agricoles tarn-et-garonnais après, notamment, la sécheresse de 2022.
Les travaux de curage de la retenue collinaire de 15000m3 ont débuté lundi 12 octobre 2026.
DDM MANU MASSIP
Cette retenue d'une capacité de 15 000 m3 doit faciliter la vie de l'exploitation où sont cultivées cerises, abricots, prunes, raisins ou encore, nouveauté de 2026, des potimarrons. "On arrose évidemment nos fruits pour les faire grossir, explique le propriétaire. Il y a deux ans, on avait fait la démarche pour curer deux lacs dont j'étais propriétaire. Je n'avais eu qu'une seule autorisation parce qu'il fallait une discontinuité hydraulique pour les projets de plus de 2 000 m3. Le projet sur le lac en travaux actuellement m'avait été refusé à l'époque."
"Les bonnes idées remontent du terrain"Sauf que depuis, "il n'y a plus cette limite, grâce à la mobilisation des agriculteurs du Tarn-et-Garonne", note Mélanie Tauber, directrice adjointe de la Direction départementale des territoires (DDT), qui a visité les travaux en compagnie du préfet Sébastien Cauwel. "Une preuve que les bonnes idées remontent du terrain", appuie la directrice adjointe.
"La simplification du formulaire a permis de massifier les dossiers. Il n'y en avait en général que deux ou trois les précédentes années, insiste Mélanie Tauber. Des séances ont été organisées avec la chambre pour aider les agriculteurs à remplir ces formulaires."
3 000 m3 d'eau à l'hectare pour les prunesUn pas en avant aussi salué par Jean-Michel Débéda, élu référent eau à la chambre d'agriculture. "Ça permet de récupérer des m3 qui seront nécessaires. Nous avons connu deux sécheresses en quatre ans, j'espère qu'on n'en aura pas une supplémentaire en six ans. Car ce sont des exploitations familiales qui ont besoin d'eau pour survivre", insiste M. Débéda.
La famille Lonjou produit des abricots, des cerises, des prunes, du raisin et des potimarrons.
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La visite du jour ne rentre, néanmoins, pas dans ce cadre de survivance. "Mais pour moi, ce n'est pas un gros mot de produire plus, ajoute le préfet Cauwel. Ça amène encore plus de richesses au territoire", insiste-t-il. "Et ça nous permet de lutter contre la perte de souveraineté alimentaire. Car, pendant qu'on a toujours plus de normes de production en France, on autorise des importations de produits qui ont des normes différentes des nôtres. C'est ça qui me fait le plus bouillir", rebondit Eddy Lonjou, qui a besoin de 3 000 m3 d'eau à l'hectare pour les prunes et entre 1 000 et 4 000 m3 pour les abricots.
Le Tarn-et-Garonne fait figure d'exempleD'après les dires du préfet Sébastien Cauwel, le Tarn-et-Garonne fait figure d'exemple. "Le préfet de région nous a demandé la procédure, le Lot-et-Garonne et l'Aude sont aussi intéressés, vante M. Cauwel. Mais nous avons encore d'autres projets à mettre en œuvre."
Car selon les données communiquées par la préfecture, sur les 5 800 retenues d'eau que compte le département, seules 25 % sont utilisées pour l'irrigation. "Les curer nous fera gagner beaucoup plus de temps", conclut Sébastien Cauwel. À en croire les agriculteurs, il y a en effet urgence.