Une trentaine d’agriculteurs de la Coordination rurale du Lot se sont mobilisés ce jeudi 15 octobre devant la DDT (Direction départementale des territoires), à Cahors, avant de rejoindre la Chambre d’agriculture. Ils...
l'essentiel Une trentaine d’agriculteurs de la Coordination rurale du Lot se sont mobilisés ce jeudi 15 octobre devant la DDT (Direction départementale des territoires), à Cahors, avant de rejoindre la Chambre d’agriculture. Ils dénoncent des dysfonctionnements dans la distribution des aides du plan Casi et alertent sur une situation qui pourrait empirer en 2027. De son côté, le directeur par intérim de la DDT, Géraud Toubert reconnaît qu'il peut y avoir des "erreurs". On fait le point.
Huit tracteurs, des banderoles et de la musique pour faire entendre leur colère. Ce jeudi 15 octobre, dès 11 heures, une trentaine de membres de la Coordination rurale du Lot (CR46) se sont rassemblés devant la Direction Départementale des Territoires (DDT), à Cahors. Dans le viseur du syndicat : le fonds de réarmement dans le cadre du plan Casi (Climat, adaptation, sécheresse, incendies), le dispositif d’urgence agricole présenté par le gouvernement début septembre pour répondre aux conséquences des aléas climatiques.
Pour Nicolas Espinaco, coprésident de la CR46, le constat est sans appel. "Il y a eu un tas de dysfonctionnements administratifs", dénonce-t-il. Le syndicat pointe notamment le recensement insuffisant des exploitations touchées et des erreurs dans l’attribution des enveloppes. "On avait ciblé en priorité les agriculteurs en grosses difficultés. Or, au lancement des enveloppes, on a découvert que certaines exploitations qui n’étaient pas censées être prioritaires en avaient bénéficié", assure-t-il.
Des discussions ont eu lieu entre le président de la Chambre d'agriculture du Lot et des membres de la CR46.
DDM Charlotte Sirieys
Du côté de la DDT, Géraud Toubert, directeur départemental des territoires par intérim, rappelle que l'enveloppe attribuée au Lot s'élève à deux millions d'euros. Trois temps de concertation ont été organisés depuis l'été, les 10 août, 10 septembre et 17 septembre, avec notamment les acteurs agricoles, les coopératives et les syndicats dont la CR46. Les critères ont ensuite été définis par l'administration et validés avec la Chambre d'agriculture.
Des "erreurs" reconnues par la DDTL'objectif était de cibler les exploitations les plus en difficulté, sans exclure de filières. "Le critère parfait n'existe pas, c'est une combinaison de critères qui fait qu'il peut y avoir des effets de bord et des erreurs", reconnaît Géraud Toubert. Il précise toutefois que l'instruction des dossiers n'est pas terminée et que l'administration entend limiter ces erreurs. Certaines filières restent également en attente des résultats sur leurs pertes.
Cinq représentants de la CR46 ont été reçus par les services de la DDT dans la matinée, pendant près de deux heures. "Entendre une administration dire "on s’est trompé", c’est déjà énorme, estime Franck Robin, éleveur ovin à Montcuq. Mais il faut quand même être réaliste, c’est loin d’être ce qui est nécessaire." L’éleveur affirme n’avoir perçu aucune aide du plan Casi, malgré des revenus modestes. "Moi, je n’ai rien touché. J’ai 1 400 euros de revenu net fiscal par mois. J’ai rien, zéro. C’est "débrouille-toi"." La DDT assure que le ciblage se poursuit et l'enveloppe complémentaire devrait aussi permettre d'élargir le nombre de bénéficiaires.
La Coordination rurale du Lot dénonce des dysfonctionnements administratifs à la suite du plan Casi.
DDM Charlotte Sirieys
Au-delà des erreurs qu’ils dénoncent, les manifestants redoutent surtout les prochains mois. Après une année 2026 marquée par la canicule et la sécheresse, les rendements et les réserves ont été affectés. "Le pire reste à venir. C’est 2027 où ça va être l’hécatombe", prévient Nicolas Espinaco. Certains éleveurs lui auraient déjà signalé ne plus disposer de stocks pour nourrir leurs animaux à partir du 1er janvier, faute de trésorerie suffisante.
Quelques membres de la CR46 se sont entretenus avec la DDT, ce jeudi matin.
DDM Charlotte Sirieys
À 13 h 30, les tracteurs ont quitté la DDT pour rejoindre la Chambre d’agriculture du Lot, où les agriculteurs ont fait une pause avant d’entamer de nouvelles discussions. Le président de l’institution, Stéphane Pons, les a rejoints vers 14 heures. Les échanges, parfois vifs, ont porté sur la responsabilité des différents acteurs dans la constitution et la répartition des dossiers.
La CR46 s'est également rendue devant la Chambre d'agriculture du Lot en début d'après-midi.
DDM Charlotte Sirieys
La CR46 réclame une redistribution plus juste des aides, qui prenne en compte l’ensemble des filières touchées. "Il aurait fallu de vraies enveloppes et une intelligence de redistribution, avec des priorités, mais sans exclure certaines filières", résume Nicolas Espinaco. Pour les manifestants, l’enjeu dépasse donc cette mobilisation. "Tout le monde est impacté", insiste Franck Robin. Faute de réponses concrètes, ils craignent que les difficultés économiques des exploitations ne s’aggravent encore dans les mois à venir.