Les agents pénitentiaires de la prison de Carcassonne étaient appelés à exprimer leur ras-le-bol, ce lundi 5 octobre. L'établissement compte 60 places. Or il héberge 170 détenus. Le quotidien est difficile pour les...
l'essentiel Les agents pénitentiaires de la prison de Carcassonne étaient appelés à exprimer leur ras-le-bol, ce lundi 5 octobre. L'établissement compte 60 places. Or il héberge 170 détenus. Le quotidien est difficile pour les surveillants.
Un feu de palettes allumé devant la prison de Carcassonne. Des flammes symboles de la colère des agents pénitentiaires. Ils ont fait part de leur ras-le-bol ce lundi 5 octobre. Ils ont d'abord retardé la prise de service mais mis en place un blocus. Aucun intervenant extérieur n'a pu entrer de la journée.
L'établissement prévu pour 60 places compte actuellement 170 détenus. La surpopulation carcérale atteint le chiffre vertigineux de 280 % ! Pour les surveiller, la prison compte 29 agents seulement. Yohann Verschelle, le secrétaire local FO Justice raconte : "On a des bagarres tous les week-ends. La semaine dernière, on a eu une grosse bagarre dans la cour de promenade : ils étaient soixante et nous étions cinq agents". Impossible de séparer les détenus dans un bâtiment unique.
Le nombre de détenus ne cesse d'augmenter : cinq transferts de détenus la semaine dernière, cinq nouveaux attendus cette semaine. Il n'y a vraiment, vraiment plus de place. Pour encadrer les détenus, il y a 29 agents contre 32 sur le planning. D'ici la fin de l'année, cinq ou six agents partiront à la retraite et les syndicats n'ont pas de nouvelles de mutations.
À la surpopulation s'ajoutent les saisies dans les cellules, 55 téléphones trouvés dans les cellules en septembre et 220 depuis début janvier, des stupéfiants par kilos, des survols de drones toutes les nuits voire des tirs de mortiers.
"Ça devient très compliqué", explique à L'Indépendant le secrétaire local FO Justice Yohann Verschelle. "Il en va de notre sécurité". Il attend des réponses de l'administration pénitentiaire : "Cela conditionnera la suite du mouvement avec l’organisation, ou pas, d’actions ponctuelles".